Vianney Lefebvre, peintre, parti vivre de sa passion sur la côte slovène


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Sur cet article, je vous parlais de « Vianney Lefebvre, peintre lillois ». Il y a 8 mois, il a déménagé en Slovénie. « Je voulais changer de vie, trouver un endroit calme et serein, susceptible de me donner les conditions optimales pour m’exprimer » dit-il. Retrouvez les raisons de son départ, son nouveau mode de vie et son évolution depuis son déménagement.

Pourquoi as tu emménagé en Slovénie? 

J’ai emménagé en Slovénie pour énormément de raisons mais les deux principales, si on résume, seraient que d’un côté j’ai eu un ras le bol monumental de la France sous tous ses aspects, et simultanément je suis tombé amoureux de la côte slovène.
Je voulais changer de vie, trouver un endroit calme et serein, susceptible de me donner les conditions optimales pour m’exprimer. Un endroit qui me donne la possibilité de libérer mon énergie, plutôt que de me la faire bouffer constamment. L’aspect spirituel de mes toiles est très important, alors fuir le chaos et choisir de vivre au calme, se sentir libre, était vital. Tout a changé pour moi, et le fait de me retrouver dans un environnement positif est totalement nouveau, alors j’ai eu l’impression de devoir tout réapprendre. Ca a donc aussi des côtés fatiguant c’est certain. C’est assez étrange en fait, tellement ces changements chamboulent la tête. Le premier résultat visible est que depuis mon arrivée ici il y a huit mois je n’ai jamais été autant productif, tant en quantité qu’en qualité. Mon art a vraiment évolué et pris de la consistance depuis, et ça a l’air de se voir un peu selon les retours que j’ai.

Qu’as tu appris depuis ton arrivée en Slovénie?

Dur à dire, il y a beaucoup de choses, et la réponse risque d’être assez confuse… Comme je viens de le dire j’ai eu l’impression de tout devoir réapprendre. D’un point de vue artistique je me sens libre de faire ce que j’ai envie, et il n’y a aucun doute sur le fait que ça, je l’ai appris ici. Sinon plus généralement j’apprends à avoir un style de vie plus sain et relax, sans être constamment pressé de tous les côtés, et c’est ce qu’il me fallait. Peut-être plus « vieux jeu » si on voit ça d’un point de vue purement « citadin français » (ce qui ne veut pas dire grand-chose…). Par exemple en ce moment, la première chose que je fais en me levant c’est allumer la cheminée. C’est plus long que d’appuyer sur le bouton du radiateur, ce que je pourrais faire aussi, mais au moins c’est moi qui réchauffe la baraque par mon action. Ca apprend ou rappelle que même quelque-chose de basique comme se chauffer l’hiver ne va pas forcément de soi. Ce n’est qu’un exemple. Ce qui est certain c’est que je suis une éponge intégrale depuis mon arrivée, je veux apprendre un maximum de choses.

Les habitants de la côte slovène sont ils aussi réceptifs face à ton travail que ton entourage et les français en général?

J’ai remporté un prix majeur dès mon premier événement en Slovénie (exTempore Piran 2017), c’est que des gens dans le pays semblent être un minimum réceptif à mon art. Quant à savoir s’il l’est plus ou moins que la France, c’est très dur à dire… La France est un plus grand pays, avec des régions très différentes les unes des autres, donc aussi avec des cultures et des goûts différents. On ne peut donc pas généraliser. Ce qui est sûr c’est que la liberté que je donne au spectateur face à mes toiles* paraît être bien mieux comprise et acceptée qu’en France, où j’ai l’impression qu’il faut systématiquement enrober son travail d’explications pompeuses (ce que j’ai toujours refusé de faire) pour être pris au sérieux. Les réactions ici me semblent plus sincères c’est évident, un chat est appelé un chat. Question de liberté, toujours…

As tu un nouveau projet depuis ton déménagement?

Non pas spécialement. J’ai mon objectif qui est très clair et qui reste le même, même si les idées pour y arriver sont adaptées au gré des besoins. Je préfère aussi faire marche arrière parfois et admettre que je n’ai pas pris la bonne direction plutôt que de m’entêter et aller dans le mur… Artistiquement je continue à faire vivre mes séries, en particulier « Sp » et « BW », et je ne saurais pas bien expliquer comment mais quand on les regarde il y a clairement un avant et un après emménagement en Slovénie.

Pour quelles raisons as tu arrêté les encres?

Je peignais les encres plus pour passer le temps et trouver un nouveau souffle pendant les périodes en manque d’inspiration, que par réel but artistique. Disons que c’était un moyen, pas une finalité en soi, surtout parce que selon moi l’impact émotionnel d’une encre est bien moindre. Ici je n’en ai tout simplement plus besoin du tout, ni l’envie. Quand je ne suis pas inspiré je ne me force plus à peindre. Je vais m’asseoir quelque-part et je regarde, ça me suffit pour recharger mes batteries en quelques heures et trouver des nouvelles idées.

Donnes tu toujours des cours de peinture?

Oui bien-sûr ! Ca commence à démarrer doucement. Et des stages d’une semaine sont possibles également pour les français, avec une petite place chez moi comprise dans le « pack artistique ».

La musique est importante pour toi. As tu besoin d’en écouter pour peindre ou le silence te suffit?

La musique est très importante oui, parce qu’elle permet de canaliser l’esprit dans lequel je me trouve au moment de peindre. Il faut bien comprendre que la musique ne m’influence pas dans la peinture, mais qu’à l’inverse mon état d’esprit influence mon choix de musique. Parfois la musique peut être remplacée par du silence, selon les besoins et envies du moment. Tout dépend des périodes. Il n’y a aucun secret mais je ne dirais pas ce que j’écoute en ce moment, toujours dans le but de ne pas influencer votre regard sur mes toiles*. Je ne veux pas que quelqu’un se dise « ha oui, sa toile est triste parce qu’il écoutait tel groupe », ni « ça se sent qu’il était heureux parce qu’il écoutait tel autre groupe ».

La langue n’est elle pas un obstacle dans ton travail?

Non pas vraiment. Déjà parce qu’un obstacle est là pour être franchi, donc ce n’est pas vraiment un problème. Et aussi parce que j’ai des amis et beaucoup de gens qui m’aident énormément ici dans certaines démarches. J’avais déjà appris un peu l’italien avant d’arriver, et maintenant je me mets au slovène, plus pour m’intégrer au pays que pour mon travail. Tout le monde parle au moins deux langues parfaitement, donc c’est assez facile de se comprendre.

Travailles tu parfois en plein air pour représenter un paysage ou profiter simplement de la lumière naturelle?

Oui, seulement pour travailler mon œil et apprendre les nouvelles couleurs qui existent ici. La lumière naturelle n’a plus rien à voir avec celle de Lille bien-entendu car chaque région possède sa propre lumière. Alors tout mon regard, au sens propre, a dû s’adapter, et ça se travaille aussi. Tout ça influence forcément un peu mes toiles abstraites, parce que mon esprit est imprégné de toutes ces choses que je vois. J’habite dans un hameau entouré de champs, de vignes, d’oliveraies et de vergers, avec la mer en bas des collines et la montagne au loin : j’ai de quoi faire travailler mes yeux pour 1000 ans, tout va bien…

*  Je ne donne volontairement aucune explication à mes tableaux car je veux que chacun se sente libre de toute interprétation, quel que soit son âge, sa culture, ses idées, ses opinions, son éducation, etc. Je cherche à ce que l’impact émotionnel et spirituel de mes toiles soit vierge de toute référence extérieure à celle du spectateur. C’est à mon avis pour le spectateur la seule chose qu’il est important de comprendre dans mon travail.

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