Capture d’écran (85)

L’Art de flâner


 

Tu sais que tu habites dans le Nord quand, même en cas d’alerte orange, les terrasses sont ouvertes. Tu sais que tu peux t’inviter chez n’importe qui, parler avec n’importe qui et de n’importe quoi. Tes T-shirt sont parfois cachés entre deux pulls en laine parce que l’hiver s’incruste au milieu du printemps et que le premier hiver était un subtil mélange entre la fonte des glaces et la mousson. Si tu viens du nord du Nord, tu as passé tes soirées au Cactus et tu t’es baignée dans une eau à 17°C. De ce fait et parfois tu as fait pipi dans ta combi et en toute discrétion. Tu as fini par faire une digue en roller, une gaufre d’anciennement la Paillotte à la main. Tu as fait tes premiers pas nautiques dans un dériveur et fait des stages de catamaran, de planche et de char à voile. Le poste bleu était le lieu de rendez-vous des amis ou des premières rencontres amoureuses.  Tu mets autant de temps à chercher tes lunettes de soleil que lui en as à se tirer. Quand la pluie commence à tomber, tu oublies qu’elles étaient sur ta tête. Tu en as donc 3 paires et l’une entre elles est sortie de sa boite autant de fois que toi sur ton balcon. Tu aimais aller dans les dunes pour y faire des photos, des feux de camp ou autre chose dont tu ne parleras pas. Le linge pendu dehors fini par ressembler à une wassingue* puisque la présence du soleil prévoit généralement l’arrivée d’une perturbation précoce. Tu te rends dans les festivals de musique sans manches et en ressors avec un sweat à capuche qui coûte autant que la nuit d’hôtel que tu auras réservé parce que ta tente est trouée à cause des draches* qu’elle aura traversé. Tu connais les monts parce que c’est dans ce coin que tes parents achetaient parfois leurs bières et toi les clopes pour tes amis et toi. Tu connais le parc Yourcenar et le site des 2 caps. Parfois, tu hésites à mettre des chaussettes sous tes sandalettes avant de te souvenir que tu n’es pas hollandais. Tu as fait des chapelles, des bals et des bains de minuit. Tu te crois à Hiroshima quand tu arrives sur la côte et ton K-Way est ton meilleur ami. Tu ne prends jamais de parapluie parce que tes mains sont bien mieux dans tes poches et que tu sais bien où il finira et dans quel état. Tu sais aussi que tu aimeras toujours le Nord pour l’optimisme qui y règne, que tu te sentiras toujours bien où que tu ailles et parce qu’il y a toujours de jolies choses à voir et à faire. Vive le Nord !

*Une « wassingue » est une serpillère et une « drache » une pluie

Ce texte vient de ce que j’ai vécu. Tu n’as peut être pas fait tout ça ou tu n’aimes tout simplement pas le Nord. Dans ce cas, je n’ai qu’une chose à dire, tant pis pour toi : )

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s