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Camille et Tom travaillent environ 6 mois de l’année dans l’immobilier et en tant qu’infirmier. Le reste du temps, ils voyagent au gré de leurs envie dans leur van aménagé qu’ils ont surnommé Léon le daron. Découvrez leurs expériences, leur organisation et leurs vies de « confinés ».
Pourquoi « Léon le daron »?
« Léon » parce que c’est un prénom qu’on a toujours adoré et « Le Daron » en référence à la vieillesse du véhicule. Léon le Daron c’est un peu le padré, le vieux qui veille sur nous et défonce le game en même temps (pour parler vulgairement ahah). Et puis, ça rime :)
Comment gérez-vous votre vie en van pendant ce confinement?
Lorsque la frontière hongroise nous a refoulée, on a compris qu’on allait vivre le confinement en Roumanie. On avait alors deux solutions :
Trouver un endroit (park4night, camping, parking hôtel etc) avec de l’eau à proximité pour pouvoir se poser « le temps que ça se calme » ou trouver un endroit sécurisé pour laisser Léon et prendre l’avion direction la France.
A force de coups de téléphone et de contacts de connaissances de connaissances, on a roulé jusqu’à rejoindre les parents d’amis d’amis qui vivent dans un petit village, Cordau, à quelques kilomètres de la frontière. L’idée c’était de s’y poser au moins une nuit et de prendre notre décision. Est-ce qu’on laisse Léon ici ? Est-ce qu’ils sont d’accord pour nous le garder ? Est-ce qu’il y a la place ? Est-ce qu’ils connaissent des endroits isolés où on pourrait se planquer ? On s’est fait accueillir comme des rois ; toute la famille nous avait préparé un bon repas chaud et une chambre. Et oui, il fait froid en Roumanie. La réalité nous a rattrapé et le lendemain la police débarquait et nous ont annoncé 15 jours de confinement obligatoires à la maison. On était passés d’une petite visite amicale à finalement former un nouvelle famille: eux 3 + nous 4 = 7 à la maison. Nous étions 4 car en quittant la Turquie on a rejoint Julien et Louise, un couple de vanlifers avec qui on a discuté sur Instagram, pour vivre cette fin du monde ensemble.  Pour ne pas gêner la famille, on a voulu rester dans nos vans (qu’on avait garé dans le jardin) mais ils ont insisté. On leur a précisé qu’on avait des vivres et qu’on ne voulait pas qu’ils fassent à manger pour 7. Mais ils ont insisté pour qu’on mange ensemble au moins une fois par jour. En échange de tant de bienveillance, on essaie des les aider dans le jardin (ils vivent en campagne alors il y a de quoi faire !), en cuisine ou pour n’importe quelle tâche.
Pour répondre à ta question : le confinement se passe très bien. On se sent incroyablement chanceux. Cette pause dans le voyage n’est pas vécue comme quelque chose de négatif mais comme une nouvelle aventure, une nouvelle expérience. Chaque jour, on en apprend un peu plus, chaque jour on vit quelque chose de différent. On créé des liens, des souvenirs, des amitiés qui je pense, dureront. On en profite pour avancer dans nos projets (le blog et la photo) et être le plus productif possible ! Léon est juste à côté, on prend le petit déjeuner et on dîne avec lui. Souvent, on bosse dedans aussi, comme ce matin, pour te répondre.
Cette envie de vivre dans un van vient de vous deux, je crois?
Absolument ! On a toujours été des voyageurs dans l’âme, que ce soit Tom ou moi. Quand on s’est rencontrés il y a 5 ans et que le thème des rêves et du voyage a été abordé, on avait déjà cette même envie de vivre une expérience en van ou du moins, avec un véhicule. Très rapidement, on s’est lancés dans un roadtrip de 2 mois en Norvège et Suède en Kangoo (utilitaire) et ça été une révélation ou plutôt une confirmation ?
A quel moment de votre vie avez-vous décidé de vivre de cette manière?
Notre premier « long » voyage était en sac à dos. C’était une formidable expérience. Une expérience qui nous a fait nous rendre compte que notre bonheur atteignait son paroxysme lorsque nous étions notre propre chauffeur (Ahh les joies de conduire une moto en Asie…). On pourrait se dire que voyager en sac à dos est déjà une liberté immense en soi, et c’est vrai, mais conduire sa moto ou son scooter, c’est encore un cran au dessus. En réfléchissant à notre prochain voyage, on hésitait entre l’Amérique du sud à moto ou le voyage en van n’importe où… C’était clair on voulait en profiter, que le voyage rythme notre vie.
On avait fini nos études, des sous de côté, c’était le moment de vivre des expériences et des aventures. On a choisi la vanlife avec cette idée d’être libres de nos mouvements, autonomes avec un véritable « chez nous » qui nous suivrait partout.
Quelles-sont vos plus grandes passions?
En plus du voyage et de la découverte, pour Tom, sans hésiter : la photo ! Aussi longtemps que je m’en souvienne (et sa mère aussi ahah), je l’ai toujours vu avec un appareil à la main. C’est quelqu’un qui adore entreprendre également, penser et réaliser des projets. Il a sans cesse besoin d’être stimulé ! De mon côté, j’ai toujours adoré écrire ; des petits textes, des ressentis, des expériences. J’adore le sport et les nouvelles façons de bien vivre et de bien manger aussi ! De manières générales, nous sommes deux personnes très curieuses et intéressées par tout ce qui nous entoure.
Qu’est-ce que cette vie vous apporte?
Cette vie en van nous a appris à prendre le temps. Ça paraît bête mais lorsque tu es en étude, ou que tu bosses, que tu enchaînes les heures, les courses, le ménage, paies tes factures, il ne te reste plus beaucoup de temps pour te retrouver. A peine le weekend arrivé et tu penses qu’à une chose : en profiter (le rentabiliser) – sortir, dormir, rattraper ta série en retard, voir tes proches. Quand tu vis en van et que tu ne travailles pas sur les routes, tu as le temps. L’occasion de te (re)découvrir (tes craintes, tes envies, ce qui te rend heureux) et d’exploiter des passions pour lesquelles tu n’avais plus de temps.
Avez-vous changé votre manière de voir les choses et/ou le sens de la vie?
Oh que oui ! Je pense que ce voyage en van, et notamment ce « slow travel », nous a énormément fait grandir et apprendre. Quand tu dois économiser pour presque 2 ans de voyages, tu t’organises, tu revois tes priorités, tu fais des choix et te donnent les moyens de réussir. Quand il y a des pannes mécaniques (ou autres), des décisions à prendre ou quand une roue crève en plein désert, tu prends sur toi. Ou plutôt, tu apprends à prendre sur toi, à gérer les crises et même d’ailleurs, à te gérer pendant une crise. Ce « slow travel » nous a beaucoup fait relativiser sur ce qui était important ou non (selon nous). L’importance de discuter car chacun a quelque chose à nous apprendre. L’importance d’analyser une situation et de prendre la décision la plus juste. Être dégourdi, réactif. On a aussi appris qu’on n’avait pas besoin de 150L d’eau par jour pour vivre, ni de 15 paires de chaussures, ni d’une montagne de fringues, ni d’aller au restaurant tous les soirs. On a compris ce qui nous rendait heureux, pour de vrai.
Dans quel domaine travailliez ou étudiiez-vous avant de vivre dans votre van? Et travaillez-vous durant vos expéditions?
Tom a fait des études d’infirmier, métier qu’il pratique depuis presque 5 ans maintenant. Quant à moi, j’ai fait des études de droit puis je me suis spécialisée dans l’immobilier. Avant de partir, j’étais gestionnaire de patrimoine. Voici comment on fonctionne : on voyage de 6 à 8 mois, on bosse 6 mois sans compter les heures, on économise et on repart ! Pour l’instant, c’est comme ça que nous fonctionnons. Mais qui sait, peut-être un jour arriverons nous à vivre de nos passions ? C’est l’objectif en tous cas !
Quels sont vos meilleurs souvenirs?
Je te cite les deux meilleurs souvenirs qui me passent par la tête dès que je lis cette question. Le premier : Un spot en Croatie où on est resté en totale autonomie pendant plus d’une semaine. C’était sur une presqu’île, on était seul au monde, le van était garé au bord d’une eau turquoise. La journée était faite de pêche, de lecture, de jeux, de kayak… Notre paradis. On ne s’est jamais sentis  aussi heureux et vivants que durant cette semaine. Le deuxième : Un spot au Maroc où nous sommes restés 1 mois au même endroit : Un petit village de pêcheur, une vie à la marocaine, avec 2 spots de surf incroyables juste au pied du van (on adore le surf)… Ce mois était parfait. On a fait des rencontres mémorables avec d’autres vanlifers, on passait notre temps à surfer, jouer aux échecs, manger de la bonne bouffe et faire des apéros au coucher du soleil (et pas que ahah)
Quelles ont été vos pires galères?
Celle qui me vient tout de suite en tête est très récente : lors des événements avec le Covid 19 nous étions en Turquie, nous devions prendre la route de la Mongolie. C’était un stress permanent, des décisions différentes chaque jour, une vraie galère pour l’esprit. On abandonne le van et on rentre en avion ? On annule la Mongolie et on se rapproche de l’Europe ? Et s’il y a le confinement vont-ils accepter qu’on vive en van dans un pays qui n’est pas la France ? Actuellement nous avons trouvé une solution, mais cela nous rappelle que la vie en van autour du monde n’est pas aussi simple que si nous avions un chez nous en France.
Ensuite, je ne sais pas si on peut appeler ça des galères, mais il y a aussi les problèmes mécaniques. On était par exemple en pleine ville au Maroc, je roule à 50Km/h et le feu devient rouge au loin, et là… les freins ne répondent plus ! J’étais obligée d’utiliser le frein moteur et le frein à main, on a bien flippé ! Par la suite le problème a été réglé : les marocains sont des mécanos hors pair.
Quelles ont été les plus belles vues au réveil ou lors de vos déplacements?
Ok c’est parti pour un petit name dropping : la Cappadoce (Turquie), la Magne (une région de Grèce), le col de Tizi’n’test et la forêt d’Azrou au Maroc, « notre » presque Île en Croatie et tant d’autres mais ça suffira ahah
Comment-vous voyez vous dans 10 ou 15 ans?
On se voit avec une maison quasi autonome (en bois ?) dans les montagnes en France. On ne sait pas encore où exactement, mais ça fera l’objet d’une recherche avec Léon. Moi photographe et infirmier à mi-temps et Camille, gestionnaire dans l’immobilier et bloggeuse à mi-temps. Sans oublier les projets de voyage et de vanlife qui ne sont pas prêts de s’arrêter !

-> Article actualisé ce 14 avril 2020: Trois semaines après avoir passé une partie du confinement en Roumanie, ils sont de retour en France. Léon a pris place sur un terrain Occitane ! 

Une réflexion sur “Camille et Tom au cœur de « Léon le daron »

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